Laissez-moi, je voudrais tant arriver au bout de ce poème
Je suis comme une louve qu'on chasse avec le fouet hors du chemin
Je tords mes pieds dans les cailloux, je trébuche à tous les problèmes
Je m'embourbe aux taches du jour désespérant du lendemain
Et le pire est qu'à tous les pas je me heurte contre ceux que j'aime


Laissez-moi, je sais bien que ce n'est pas tellement important
Un poème de plus ou de moins et qu'ici mon chant s'arrête
Ou là puisqu'un jour ou l'autre il faudra qu'il s'arrête pourtant
Chacun me tire par la manche, exige un instant et me traite
Comme une qui manque à son devoir lorsqu'elle lui refuse son temps

Laissez-moi, pourquoi me jetez-vous l'un après l'autre la pierre
Pourquoi faut-il toujours tout remettre en question
Est-ce que je ne connaîtrai la paix que dans un cimetière
Est-ce que vous me poursuivrez jusqu'à ma dernière maison


Est-ce que seule je n'ai pas le droit de m'asseoir dans ma poussière
D'écouter mon coeur, de laisser ma tête aller aux rêveries
Est-ce que seule je n'ai pas le droit d'avoir en moi ma douleur
D'être distraite à cause d'elle au milieu du monde proscrit


Est-ce que seule il m'est interdit d'oublier la date et l'heure
Et de laisser chanter en moi cette âme au combien meurtrie

 

laissez moi